2011, année de sacs d’argent pour les traducteurs ?

En ce début d’année 2011, je reçois, tout comme vous, de nombreux messages de voeux. Pour la plupart, il s’agit d’inconnus qui tentent de me vendre quelque chose. Il y a aussi quelques anciennes connaissances qui refont surface et, finalement, bien peu de véritables proches et amis (ils m’ont déjà passé un coup de fil). Je lis tout de même, très vite, la plus grande partie de ces messages, qui me souhaitent bonheur et prospérité, réussite professionnelle, argent et même une « excellente année commerciale ».

Je suis aussi parfois choisi comme destinataire de certaines chaînes de SMS. Par exemple celui-ci : « Ce mois de janvier est très spécial. Il a 5 lundis, 5 samedis, 5 dimanches. Ceci arrive tous les 823 ans. On les appelle les sacs d’argent. Fais passer ce message à 8 personnes, et l’argent apparaîtra. » Tout ceci se déroulant sur un plan pour ainsi dire inconscient de mon fonctionnement professionnel quotidien, je n’y prête pas beaucoup d’attention.

Dans le même temps, j’ai repris contact avec plusieurs relations professionnelles et amicales. J’ai par exemple déjeuné aujourd’hui même avec une traductrice indépendante sympathique pour qui j’éprouve beaucoup de considération. La conversation était intéressante et détendue. Nous avons bien sûr parlé boulot (de quoi d’autre parlent deux traducteurs ?), et spécialement des meilleures méthodes de prospection commerciale, en comparant celles des agences et celles des freelances. Cela vaut-il la peine d’investir en référencement payant Google quand on est à son compte ? Et la prospection téléphonique ? Vaut-il mieux refondre entièrement son site Web ou le faire évoluer progressivement ? Et les réseaux d’affaires ? Etc.

Après cette intéressante conversation, pleine d’enseignements pour nous deux, je suis revenu au bureau, et j’ai repris mon travail : fixer les objectifs annuels de l’entreprise. Améliorer notre application interne de gestion de production, documenter nos procédures d’assurance qualité, mettre à jour notre site Web, revoir notre stratégie commerciale : Web, prospection, mailing, publicité, appels d’offres…

Puis, avant de rédiger le premier billet 2011, j’ai fait un tour, en quête d’inspiration, sur les blogs de plusieurs traducteurs, et notamment sur l’excellent Naked Translations, où j’ai lu un très intéressant billet intitulé Traducteurs et marketing, qui décrit la stratégie commerciale gagnante de Céline : « j’ai déterminé les méthodes les plus efficaces pour me faire connaître, et je me focalise sur leur amélioration. […] Site internet, contacts personnels, contacts professionnels. Ce sont les méthodes qui fonctionnent le mieux pour moi. »

Tout ça pour dire quoi ? La tonalité de 2011 semble avant tout commerciale. Et à l’heure du bilan, nous découvrirons sans doute, comme Céline, que seul le bon sens est payant.

Je vous souhaite à tous une excellente année 2011, pleine de bonheur, d’équilibre intérieur, de plaisirs familiaux, de réalisations personnelles, de quiétude… et aussi d’argent ! (mais pas seulement)

L’Europe lance la plate-forme des métiers de la langue

La Délégation générale à la Traduction de la Commission Européenne lance une nouvelle plate-forme en ligne destinée aux professionnels de l’industrie des langues. Comme l’indique le document de présentation, il s’agit de proposer un point central d’informations sur les métiers des langues : traduction, interprétation, localisation, internationalisation, etc. Ce point central donne accès à une base de données stockant des documents traitant de caractéristiques du marché européen des langues, ou des spécificités d’un métier en particulier.

La principale originalité de ce site Web tient à ce que tous les professionnels sont invités à y poster les documents qu’ils souhaitent partager avec leurs confrères et consoeurs. On trouve aussi sur cette plate-forme une courte enquête destinée aux professionnels, qui permettra de les recenser pour mieux identifier les acteurs du marché. Cette initiative fait suite aux résultats de l’étude intitulée The size of the language industry in the EU, publiée en août 2009, qui estime le marché Européen des métiers de la langue à près de 8,5 milliards d’euros, et le crédite d’un taux de croissance annuel minimum de 10%. A la suite des résultats de cette étude, la Commission Européenne a jugé important de mettre en place un mécanisme de suivi et de partage, qui est matérialisé par la plate-forme récemment lancée.

Traducteurs professionnels : Trad’Online enquête sur vous et ouvre sa place de marché

L’agence Trad’Online fait l’actualité en ce moment ! Tout d’abord, elle lance, deux ans après la première édition, une nouvelle enquête auprès des traducteurs indépendants, très axée sur l’utilisation des réseaux sociaux. Il est très rapide d’y répondre, et c’est toujours utile, puisque l’équipe de Mathieu Maréchal publiera les résultats en ligne dès lors que l’enquête sera clôturée. La précédente synthèse, dont nous avions parlé en son temps, est d’ailleurs toujours disponible ici : http://www.tradonline.fr/medias/docs_tol/enquete-traduction/page1.html. Attention toutefois ! Le nouveau sondage ne recoupe pas l’ancien ; il le complète : c’est l’assurance pour les répondants de ne pas se répéter…

Et puis, surtout, Trad’Online se lance dans une nouvelle entreprise en démarrant le site Bewords, qui met en relation traducteurs indépendants et clients directs, un peu à la façon de proz, mais sans s’ouvrir (en tous les cas pour le moment) aux agences de traduction. Si le nombre de projets demeure pour le moment modeste, il semble que les traducteurs inscrits ne manquent pas : ce sera une nouvelle source de recherche de professionnels. De nombreux services figurent au menu, dont la gestion de projets déléguée. Il est difficile de prédire un avenir à cette solution en ligne, qui arrive dans un paysage déjà bien encombré, entre Aquarius, Traduguide, GoTranslators, Translators Café, Translators Directory et tous les autres… les places de marché dédiées à la traduction ne manquent pas* ! Avec un bon référencement et du temps, l’initiative de Trad’Online a toutefois toutes les raisons de bien fonctionner, et de renouveler un peu le genre : l’interface de Bewords est beaucoup plus agréable et maniable que celle de proz !

*Et elles sont toutes (ou presque) opérées par des agences de traduction

Trados – Un manuel de prise en mains pratique pour traducteurs


L’agence de traduction ITtranslations, dirigée par un expert ès TAO, publie deux guides de prise en mains pour SDL Trados 2007 et pour SDL Trados 2009, mis en vente sur un site web dédié, sobrement intitulé tradosmanual.

Pour 60 €, l’auteur promet d’aborder dans cet ouvrage tout ce qu’il faut connaître pour travailler au quotidien avec Trados. S’adressant directement à ceux qui n’ont jamais utilisé Trados après l’avoir acheté, comme à ceux rebutés par l’idée de consulter le triste manuel officiel, le Practical Trados Manual, en anglais, prend son lecteur par la main et l’emmène, étape par étape, dans la découverte du logiciel à mémoire de traduction.

Abondamment illustré de photographies, de captures d’écrans et de schémas, l’ouvrage, très aéré, se lit facilement. D’après l’auteur, il suffit de 5 heures pour maîtriser Trados en lisant les 90 pages du manuel et en réalisant les exercices qui s’y trouvent. Le mieux est sans doute d’avoir un projet à traiter juste après avec l’outil de SDL.

Les premières pages peuvent être consultées en ligne. Et c’est à cette adresse que vous pourrez le commander.

La Traduction professionnelle dans la presse et l’édition

Plusieurs publications récentes s’intéressent aux questions de traduction.

À commencer par l’élégant article de Pierre Assouline, intitulé « Il faut lever le nez quand on traduit », et où l’on peut lire des phrases comme « [Svetlana Geier, traductrice] dit des choses sur la littérature qu’aucun critique, aucun écrivain, aucun éditeur ne saurait dire. Car nul n’est placé comme un traducteur pour vivre et faire vivre un texte de l’intérieur. » Et en effet, elle dit, par exemple, « qu’on ne traduit pas de gauche à droite, en suivant la langue, mais seulement après s’être approprié la phrase. Elle doit être digérée de l’intérieur, toucher le coeur. Je lis le livre si souvent que les pages en sont trouées. D’abord, je le connais par coeur. Ensuite, vient un jour où enfin j’entends la mélodie du texte. » Le reste à l’avenant : hommage d’un écrivain au travail des traducteurs, l’article présente un documentaire allemand de Vadim Jendreyko, La Femme aux cinq éléphants (qui passe au Reflet Médicis et au Lucernaire, à Paris), et la nouvelle traduction de L’Iliade, réalisée par Philippe Brunet, parue au Seuil. Agréable à lire, ce court article présente avec intelligence et finesse les servitudes et la grandeur de notre métier, vu sous son angle le plus littéraire.

Mais il n’y a pas que la littérature dans la vie du traducteur ! C’est ce que rappellent avec force Clare Donovan, directrice de l’ESIT, et Marie Meriaud-Brischoux, directrice générale de l’ISIT, dans cet autre article du Monde : « Wanted ! : traducteurs et interprètes francophones » (que j’ai lu grâce à Ghislaine Cathenod, qui me l’a signalé). Elles relèvent la contradiction, à laquelle nous sommes tous si souvent confrontés, entre un discours ambiant qui laisse penser que traduire serait à la portée de tous, si c’est seulement nécessaire, et la désespérante rareté des profils aptes à satisfaire la demande des organismes internationaux les plus habitués aux questions de traduction. Si l’Europe promeut le label EMT (European Master of Translation), si les Nations Unies signent des accords cadres avec des écoles de traduction partout dans le monde, et si l’OCDE accueille « l’Appel de Paris » s’inquiétant que bientôt « les organisations internationales ne [soient] plus en mesure de s’acquitter de leurs missions premières », c’est bien parce que les (bons) traducteurs sont peu nombreux, et que leurs compétences dépassent la simple compréhension d’une ou plusieurs langues étrangères ! Serait-ce alors une « simple » question de formation demandent les auteurs ? Mais les critères de reconnaissance des formations d’excellence (comme le sont celles dispensées par l’ESIT et l’ISIT) sont mal adaptés à des enseignements professionnalisant. C’est le mérite de cet article de poser le problème dans toute sa complexité, tout en annonçant les voies de solution possibles évoquées lors des Assises de la traduction et de l’interprétation organisées par le Ministère des Affaires étrangères et européennes.

La presse n’est pas le seul média à s’intéresser à la traduction ces temps-ci. Pour preuve, le long article paru sur le blog En Cathy Mini, qui analyse, résume et critique avec esprit l’ouvrage La traduction : la comprendre, l’apprendre, de Daniel Gile, paru aux Presses Universitaires de France. Là encore, l’auteur, interprète de conférence qui enseigne la traduction à l’Université de Lyon 2, démontre que le savoir-faire propre au traducteur dépasse de loin la seule maîtrise d’une langue étrangère. Il faut y ajouter l’expertise en matière d’expression écrite dans sa langue maternelle, une culture générale très étendue, quelques domaines de spécialisation où l’on se doit d’être réellement compétent, la maîtrise des outils de traduction, et l’expérience de l’opération de transfert elle-même, qui ne s’acquiert pas sans mal. Voilà un livre qui, aux dires de Cathy, devrait être lu par tout étudiant en Traduction (je souligne pour ceux que je connais) et complète utilement l’ouvrage Profession : Traducteur de Daniel Gouadec.

Des étudiants qui trouveront aussi un profit certain à consulter les ouvrages de la collection Traducto, dirigée par Mathieu Guidère (Maître de conférence à l’Université de Genève), aux Editions de Boeck. Jeune encore, la collection Traducto ne comporte pour le moment que quatre ouvrages, qui s’adressent en priorité aux étudiants en voie de professionnalisation. Les sujets ? Une Introduction à la traductologie, la Traduction juridique, la Communication multillingue et la Traduction audiovisuelle. A noter, la modicité du prix de vente (19,50 €), qui plaide pour l’achat du guide qui correspond le plus à vos préoccupations professionnelles. On souhaite longue vie à cette collection d’ouvrages spécialisés, qui grandira sûrement très vite.

Traduction et ergonomie : le dialogue des Universitaires et des traducteurs professionnels

Plus d’un mois sans rien poster sur ce blog ! Je suis sincèrement désolé d’avoir accumulé autant de retard, et l’actualité n’y est pour rien tant elle s’est montrée riche ces dernières semaines. Les articles qui suivront celui-ci s’en feront l’écho.

Mais avant tout, je voudrais évoquer rapidement le plaisir d’avoir assisté il y a deux semaines (en pleine grève des transports…) au colloque Traduction et ergonomie, organisé par Elisabeth Lavault-Olléon, Professeur à l’Université Stendahl à Grenoble, et directrice du GREMUTS (Groupe de recherche multilingue en traduction spécialisée).

Le thème général intéresse directement les professionnels de la traduction, dont plusieurs représentants figuraient au nombre des participants comme des orateurs. Traducteurs au sein d’organismes internationaux, comme Jean-François Allain, du Conseil de l’Europe, et Michel Rochard, de l’OCDE, localiseurs indépendants, comme Pascale Amozig-Bukszpan, Anne Marie Robert, de la SFT, ou Sarah Freitas, représentants d’entreprises de traduction, comme Mihaela Lupu, de XPlanation language services, ou François Brown de Colstoun, Président de Lingua et Machina, voisinaient avec des Universitaires venus de Belgique, comme Corinne Imhauser, de Suisse, comme Gary Massey et Maureen Ehrensberger-Dow, du Québec, comme Sylvie Vandaele, Louise Brunette et Hugo Vandal-Sirois, d’Irlande, comme Sharon O’Brien, du Portugal, comme Fernando Ferreira-Alves, et de France, puisque les Universités de Strasbourg, avec Thierry Grass, de Rennes 2, avec Daniel Toudic, de Clermont-Ferrand, avec Richard Ryan, et de Grenoble, avec Lise Dumasy, Elisabeth Lavault-Olléon et Sandrine Caroly, étaient aussi représentées.

Réconciliant concepts et pratique, leurs interventions étaient toutes extrêmement intéressantes et centrées sur les contraintes de notre métier. On y parlait multitâche, outils, contraintes clients, responsabilité du traducteur, processus de production, environnement Web et réseaux sociaux. Ce n’est pas un hasard si l’on pouvait croiser dans l’assistance les responsables de plusieurs blogs influents, comme lexicool ou Les recettes du traducteur !

La plupart des communications seront publiées au cours de l’été 2011 dans un numéro spécial de la revue ILCEA (disponible sur http://www.revues.org) ou dans la revue Traduire publiée par la SFT, dont plusieurs membres participaient au colloque.

Bref, c’était un moment passionnant, où la bonne humeur le disputait au professionnalisme et à la qualité scientifique.

Formation à la traduction professionnelle : comment s’y retrouver

Plusieurs demandes m’ont été adressées pour faire un point sur les formations à la traduction.

Ce n’est pas un sujet facile à traiter, car les organismes de formation sont nombreux, peut-être trop, et chacun développe avec plus ou moins de bonheur sa particularité propre.  Et comme j’assure moi-même de nombreux cours à l’Université de Rennes 2 et à celle d’Evry Val d’Essonne, il m’est difficile de garantir l’objectivité de mes propos. Enfin, un travail très fouillé et très complet de recensement des formations est réalisé depuis plusieurs années avec rigueur par Daniel Gouadec, Professeur à Rennes 2, sur son site Profession Traducteur, dont le nom reprend le titre de son livre, paru aux Editions du Dictionnaire. L’auteur, féru des questions des compétences des traducteurs et des formations qui leur sont le plus adaptées, a aussi publié, aux même éditions, le Guide des métiers de la traduction, de la localisation & de la communication multimédia 2009, qui consacre une large part aux formations.

Ce que l’on peut dire sans se tromper, c’est que le choix d’une formation doit dépendre du métier visé (traducteur ou chef de projet ?), de la spécialité souhaitée (sous-titrage vidéo ? traduction juridique ? traduction littéraire ?…) , et, en dernier lieu, de la région. Toutes les formations à la traduction, ou presque, délivrent un diplôme de Master 2 correspondant à cinq années d’études après le bac. Pour s’y inscrire, il convient d’être titulaire d’une Licence de langues (LEA ou LCE).  L’accès au Master se fait en général sur dossier avec une sélectivité plutôt faible : c’est à l’entrée en Master 2 que s’opère la vraie sélection, souvent drastique. Là où certaines promotions de Master 1 comptent jusqu’à 100 étudiants, il n’existe guère de Master 2 dont l’effectif dépasse de beaucoup la vingtaine. Il est possible de s’inscrire en Master 2 dans une Université différente de celle qui a délivré le Master 1 ; il est le plus souvent requis de passer un test et de démontrer sa motivation.

De nombreuses universités ont ouvert leur formation à la traduction assez récemment. Les programmes les plus anciens sont naturellement les plus réputés. C’est le cas des Master de Lille 3, Rennes 2 et Paris 7. Outre les Universités, il existe plusieurs écoles de traduction, dont les plus connues sont l’ISIT et l’ESIT, elle-même hébergée par la faculté de Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Enfin, certains Master appartiennent au réseau EMT (European Master in Translation), mis en place par la Direction Générale de la Traduction au sein de la Commission Européenne, qui distingue 35 formations à la Traduction en Europe. Car rien n’empêche de se former, au moins en partie, dans les autres pays membres de l’Union Européenne, dont l’offre en la matière est également abondante.

Dernière précision : il serait injuste de ne pas mentionner qu’il existe aussi des formations professionnelles continues aux métiers de la traduction. En France, le seul organisme dédié est le Ci3M, auquel il faut ajouter les formations courtes proposées par la SFT.

Guide des métiers de la traduction, de la localisation & de la communication multimédia 2009

Traduction : toute la presse en parle

Le Monde, le Nouvel Observateur, l’Express : tous ces grands médias reprennent en chœur une importante dépêche de l’AFP traitant de traduction.

Il faut dire que la nouvelle vaut son pesant d’or. Un grand magazine populaire américain publie un extrait d’une nouvelle traduction d’une œuvre littéraire française majeure : Madame Bovary, de Flaubert. La traductrice n’est autre que l’ex-épouse de Paul Auster, romancier contemporain de premier plan. Et tout ça est publié, entre deux jolies jeunes femmes entièrement dévêtues, dans… Playboy ! On se demande lequel, dans ce voisinage hasardeux, doit se sentir le plus flatté d’Emma Bovary ou de Miss September ? Nul doute en tous les cas que la couverture médiatique est amplement justifiée !

Moins de couverture, mais un intérêt plus direct pour deux autres publications : les Cahiers de Science et Vie, d’abord, dont le numéro actuellement en kiosque est entièrement consacré aux origines des langues. Comment naissent-elles ? Comment se développent-elles ? Pourquoi certaines s’étendent-elles et d’autres pas ? Toutes ces questions, et de très nombreuses autres, sont abordées dans ce numéro extrêmement intéressant et très clair. Il ravira tous ceux qui s’intéressent aux langues et aimeraient en savoir plus. Ils auront là une vraie plongée très complète dans leur univers de prédilection.

Enfin, signalons la parution du dernier numéro du journal en ligne Client Side News, qui complète utilement Mutlilingual, l’autre grande revue de notre profession. Dans ce numéro, plusieurs entretiens sont particulièrement instructifs. Par exemple, la CEO de PROMT annonce les nouvelles versions du logiciel de traduction automatique concurrent de Systran, et décrit une partie de ses fonctionnalités. Envie d’en savoir plus ? Téléchargez !

Dictionnaire en ligne : linguee vous donne le contexte de la traduction

Un nouveau dictionnaire en ligne est né !

Linguee, disponible en anglais-français, anglais-allemand, anglais-espagnol et anglais-portugais, se fonde sur une quantité impressionnante de textes alignés pour retrouver instantanément la traduction des termes que vous recherchez dans leur contexte.

Les phrases dans lesquelles apparaît le mot que vous avez tapé s’affichent en face de leur traduction, où le terme cible figure en gras. En bref, il s’agit d’une immense mémoire de traduction, qui semble avoir tiré tout le profit possible des documents de l’Union Européenne, dont les mémoires ont été récemment mises à disposition du public.

Il n’empêche : tel quel, http://www.linguee.fr est bien utile.

La traduction des titres de films ne doit rien au hasard

Je viens de lire en ligne sur Slate un article passionnant sur le choix des titres des films américains diffusés en France.

Si vous êtes intéressé par les questions de traduction, vous vous êtes sûrement déjà interrogé sur les titres de films. Pourquoi certains sont-ils traduits (Pas si simple était au départ It’s complicated) et pas d’autres (Toy Story reste Toy Story) ? Pourquoi certains titres restent-ils en anglais alors que le film porte un autre titre à l’origine (pourquoi Step Up 3D s’appelle-t-il Sexy Dance 3D en France ?) Qui décide quoi ? Sur quelles bases ? Existe-t-il des règles à suivre impérativement ? Est-ce une question de réglementation ?

Cécile Dehesdin, journaliste à Slate, répond à toutes ces questions, et fournit des chiffres précis. Elle en profite pour dérouler tout le circuit du lancement en France d’un film importé, et nous montre comment un film peut se trouver au passage entièrement repositionné : Démineurs, par exemple, n’est pas du tout présenté de la même façon en France ou aux USA, où il était titré The Hurt Locker, et les bandes annonces ont été revues en conséquence.

Bref, voilà un article particulièrement instructif, un vrai must read.

La bande annonce de Démineurs en version française a malheureusement été retirée de Youtube.