Portes ouvertes à Rennes 2

L’Université de Rennes 2, dont le Master de traduction est bien connu, organise une opération « Portes ouvertes » pour le campus Villejean le 6 mars.

L’occasion pour les étudiants extérieurs de venir rencontrer ceux de Rennes et leurs enseignants, tout en visitant le campus. Un bon moyen de se rendre compte par soi-même de la spécificité de la formation délivrée à Rennes.

Le programme de cette journée, accessible ici, est très riche. Chaque filière se présente sur son stand, mais aussi en organisant des activités d’initiation ludique (mini-cours de traduction en italien, initiation à la langue portugaise, exposition des oeuvres des étudiants en Arts plastiques…) et de nombreuses conférences, ainsi que des visites guidées du campus et de ses bâtiments. Sans oublier, bien entendu, toutes les informations concernant la vie étudiante.

Bref, si vous envisagez de poursuivre vos études de traduction à l’Université de Rennes 2, c’est le moment de réserver vos billets de train !

Journée mondiale de la traduction 2009 : Travailler ensemble !

La Fédération Internationale des Traducteurs (FIT) et la Société Française des Traducteurs (SFT) organisent le 11 décembre un grand débat autour de la Journée mondiale de la traduction. Le thème ? Travailler ensemble. Il s’agit de lutter à la fois contre l’image et contre la pratique du traducteur solitaire, scotché à son écran et à ses dictionnaires, qui refuse tout contact avec l’extérieur. On le sent bien, il s’agit d’une caricature, puisque notre métier est celui de l’ouverture sur le monde et de la découverte des cultures étrangères. Il n’empêche. La tentation de l’isolement est grande. Pourtant, Internet, réseaux sociaux, associations, événements divers sont autant d’occasions de rencontres, de discussions, d’échanges de point de vue et, finalement, d’apprentissage. Sans compter l’impact des nouvelles technologies, comme la traduction collaborative par exemple, sur la façon même dont clients, agences et traducteurs envisagent leur travail. Il est chaque jour plus fréquent que les clients souhaitent dialoguer avec les traducteurs qui ont la charge de leurs documents, pour leur indiquer le contexte, ou leur expliquer un point de détail.

Ce sont ces pratiques et bien d’autres que la SFT entend encourager cette année au cours de cette journée de formation. L’événement aura lieu au Comptoir Général, 80 Quai de Jemmapes dans le 10ème arrondissement de Paris, un lieu dédié à la solidarité et l’environnement situé non loin de La Bastille. Si vous voulez en savoir plus sur le ton général de la manifestation, n’hésitez pas à consulter la présentation Powerpoint conçue pour l’occasion.

Les inscriptions se prennent auprès de la SFT, avec un tarif réduit pour les étudiants. Mais dépéchez-vous ! Les inscriptions sont closes le 4 décembre (demain, donc). Le mieux est sans doute d’appeler directement.

Programme
Accueil des participants, à partir de 8H45

  • 9H00-9H45 Introduction du thème de la journée « Travailler ensemble »
  • 9H45-10H30 Alicia MARTORELL Le web : un point de ralliement pour travailler ensemble
  • 10H30-12H30 Simon TURNER Pratiques tarifaires : agir ensemble !

Pause déjeuner

  • 14H00-14H45 David AR ROUZ Les langues régionales : facteurs de division ou manière d’être ensemble ?
  • 14H45-15H30 Alberto RIVAS-YANES La traduction en espagnol à la Commission européenne : outils, ressources et organisation du travail

Pause

  • 15H50-16H35 Anne-Marie ROBERT La post-édition, l’avenir incontournable du traducteur ?
  • 16H35-17H35 Table ronde inter-associative Associations, organisations professionnelles : l’union fait la force !
  • 17H35 : remise du Prix Pierre-François Caillé

Traduction professionnelle – Colloque à l’Université de Rennes 2

L’Université de Rennes 2 organise le 16 et le 17 octobre un colloque consacré à la traduction professionnelle.

Le CFTTR-CRAIE Rennes 2, sous l’égide de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France et avec le soutien de la Direction générale de la traduction (Commission européenne), organise une journée d’étude sur la traduction professionnelle à Rennes, suivie d’une matinée consacrée aux perspectives de mise en place d’une structure fédérative nationale des formations universitaires de traducteurs. C’est en quelque sorte la suite logique de l’Observatoire des formations aux métiers de la traduction, mis en place par le professeur Daniel Gouadec, qui dirige CFTTR et le CRAIE.

Au programme de la journée du 16 octobre, on trouve bien sûr la restitution des résultats de l’enquête nationale sur les compétences des traducteurs, dont nous nous sommes déjà faits l’écho. Suivront ensuite une présentation du profil de compétences idéal, tel qu’il est vu par les partenaires professionnels (associations, institutions nationales et internationales, agences, entreprises, donneurs d’ouvrage, formateurs…).

Puis on parlera des évolutions prévisibles des marchés avant de présenter un état des lieux du projet de Master Européen de traduction (EMT, European Master’s in Translation). C’est le projet EMT qui occupera la totalité de l’après-midi, avec un appel à candidatures, la présentation du programme d’action pour l’animation du réseau EMT, la discussion des problèmes juridiques qu’il pose.

Le lendemain, le 17 octobre, la discussion portera sur les perspectives et les possibilités de mise en place de la structure fédérative nationale des formations universitaires de traducteurs.

N’hésitez pas à vous inscrire auprès de Daniel Gouadec (daniel.gouadec @ uhb.fr) et Daniel Toudic (daniel.toudic @ uhb.fr) pour participer à ce colloque, moyennant une participation aux frais de 50€, à régler sur place.

Interprètes – L’Union Européenne recrute !

Dans sa rubrique Confidentiel, le site Web du Figaro annonce que l’Union Européenne serait en recherche active d’interprètes de langue française.

Les institutions européennes prévoieraient ainsi le recrutement de plus de deux-cents interprètes français d’ici à 2020 (et trois-cents de langue anglaise). Bien que le journal ne précise pas les langues source concernées, l’info vaut sans doute la peine de s’y intéresser pour ceux qui rêvent du statut de fonctionnaire Européen…

Traducteurs – L’Observatoire des compétences lance une grande enquête

Daniel Gouadec, Professeur à l’Université de Rennes 2, où il est responsable du Master de traduction, et où il dirige le Centre de Recherche et d’Applications en Ingénierie linguistique, documentaire et multimédia et le Centre de formation de traducteurs, terminologues et rédacteurs, crée un Observatoire des compétences des traducteurs, et lance dans ce cadre une grande enquête sur les fonctions et les compétences requises des traducteurs. Il s’agit de hiérarchiser les compétences identifiées, et au fil du temps, d’enregistrer les variations.

Traducteur professionnel indépendant, Responsable d’une agence de traduction, Chargé de ressources humaines en entreprise, acheteur chez un client, quelles sont vos attentes lorsque vous prévoyez de faire travailler un traducteur ? Un très grand nombre de points sont listés, et il est possible, le cas échéant, d’en ajouter. Pour chaque compétence supposée nécessaire, il suffit d’indiquer si elle est essentielle, utile, inutile, ou sans objet.

Ainsi est-on amené à définir les finalités de la fonction Traduction, les savoirs et les savoirs-faire nécessaires à la traduction (est-il plus important d’être compétent en terminologie ou en informatique ?), les qualités de savoir-être attendues, ainsi que divers autres points, comme les compétences en gestion, la résistance au stress ou l’orientation qualité.

Remplir le questionnaire est très rapide. Il suffit de le télécharger dans Acrobat, l’enregistrer sous le nom que vous souhaitez, remplir les différents champs éditables. Chaque élément appelle une réponse : si vous ne savez pas quoi indiquer, cliquez sur « Sans objet ». Chaque grande partie se termine par une zone « Commentaires » où vous pouvez préciser votre point de vue. Lorsque vous aurez terminé, renvoyez le questionnaire rempli en pièce jointe d’un e-mail à l’adresse enquete.competences @ gmail.com.

Les résultats seront bientôt dépouillés, et nous nous ferons l’écho de leur publication. Alors… à vos claviers !

Que savoir pour démarrer comme traducteur indépendant ?

Les blogs de traducteurs freelance sont nombreux à comporter d’excellents conseils aux traducteurs débutants : il y a par exemple le Journal d’une apprentie traductrice, Getting started as a translator, ou Advices to beginning translators, pour ne citer que ceux-là.

J’ai toutefois voulu apporter ma pierre à l’édifice, et j’ai mis en ligne un article de FAQ et la présentation sur laquelle j’appuie mes cours à l’Université d’Evry. Je serais heureux de recevoir des commentaires à son sujet, qui me permettront, je l’espère, de l’améliorer.

Profession Traducteur : nouvelle édition de l’excellent Guide de référence de D. Gouadec

Je lis en ce moment Profession Traducteur, de Daniel Gouadec, dont la 2ème édition est parue cette année aux éditions La Maison du Dictionnaire. J’avais publié il y a quelques mois un billet pour signaler l’excellent site Web du même nom, qui comporte en particulier de nombreux liens utiles. J’y suis souvent retourné, et j’ai fini par acheter le livre et m’y plonger.

Et cet ouvrage est passionnant : très agréable à lire tant le style est fluide et naturel, le texte est fouillé, informé, détaillé. La quantité d’informations fournies à la page est tout bonnement impressionnante. L’auteur, Daniel Gouadec, est une telle référence en matière d’enseignement de la traduction* qu’il n’est pas surprenant d’apprendre du nouveau dans son livre. L’inattendu de l’affaire c’est le caractère complet, fini, de l’ouvrage. A cet égard, le titre est légèrement trompeur : il ne s’agit pas tant de présenter la profession de traducteur que d’expliquer toutes les arcanes, toutes les subtilités des métiers de la traduction.

C’est bien simple : tout y est. Du marché de la traduction à la description du poste de travail du traducteur en passant par les différents statuts, les démarches d’installation, l’organisation d’un projet de localisation lourd, les relations entre les intervenants, les effets de l’informatisation et de l’industrialisation sur le métier et, bien sûr, la question de la formation. Mais l’énumération des rubriques est insuffisante à rendre justice à ce document de référence. Bourré d’infos, travaillé (au sens où l’artisan remet sans cesse l’ouvrage sur le métier), plein de réflexions pertinentes où l’humour ne manque pas (il faut lire les -nombreuses- notes en bas de page), c’est à un véritable voyage que nous convie ce Guide Michelin* de la traduction. Un voyage parfois heureux et parfois moins, où tous les aspects de la profession sont successivement présentés, commentés, puis analysés, à la fois sous l’angle du traducteur et sous celui du donneur d’ouvrages. S’il fallait faire un reproche au livre de M. Gouadec, on pourrait, après réflexion, regretter dans certains cas le côté trop détaillé (!). On sent bien qu’il ne s’agit pas d’un regret majeur : même si sa lecture est un plaisir pour le connaisseur, celui-ci ne doit pas oublier que l’ouvrage qu’il a en mains a d’abord été rédigé pour les nouveaux venus. Et on peine à imaginer comment ils regretteraient de disposer de trop d’informations.

Ce guide devrait d’ailleurs se trouver sur la table de chevet de tout étudiant en traduction. On constate encore trop souvent, même au niveau du Master deuxième année, une ignorance certaine des tenants et aboutissants de la profession, du milieu, des usages, des outils, du marché. Il est frappant de constater parfois le peu de curiosité de certains étudiants pour ces données essentielles à leur exercice futur des professions de traducteur, chef de projet, veilleur, etc. Qu’ils lisent cet excellent livre ! Ils bénéficieront en peu de temps de l’essentiel du savoir accumulé au fil des ans par l’un des principaux témoins des évolutions de notre métier. Quant aux autres, professionnels déjà installés et expérimentés, ils trouveront un grand plaisir à voir confortées leurs analyses du secteur et de ses évolutions, et seront heureux de pouvoir à tout consulter à tout moment cette Bible de la traduction et des traducteurs.

Deux mots, pour finir : Lisez-le !
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*Pour ceux qui ne le sauraient pas, Daniel Gouadec dirige le Centre de formation de Traducteurs-Localiseurs, Terminologues et Rédacteurs, et le Centre de Recherches et d’applications en ingénierie linguistique, documentaire et multimédia de l’Université de Rennes 2. Il préside l’Association française des formations universitaires aux métiers de la traduction. Voir Gouadec.net et CFTTR.
**Ou ce Baedeker ?

Traduction collaborative : des nouvelles du front

Nous avons déjà plusieurs fois traité de la traduction collaborative dans ces colonnes, essentiellement au sujet de Facebook, qui a fait traduire son interface utilisateur (environ 150 000 mots) dans 52 langues de cette façon.

C’est aujourd’hui au tour de LinkedIn, le réseau social professionnel américain, de s’intéresser à la question. Le site a fait parvenir aux traducteurs professionnels inscrits chez lui une enquête sur l’éventualité de participer à un tel projet. La réaction ne s’est pas faite attendre ! Outrés, la plupart des traducteurs professionnels sollicités ont réagi assez violemment, allant jusqu’à créer un groupe dédié (Translators against Crowdsourcing by Commercial Businesses), comme le relate Matthew Benett sur son blog (LinkedIn Infuriates Professional Translators: 10 Big Questions). Nataly Kelly, de Common Sense Advisory, fait une analyse intéressante, modérée, et équilibrée de l’histoire sur le blog Global WatchTower, en expliquant dans le détail le point de vue habituel des traducteurs, qui craignent avec raison une nouvelle dévalorisation de leur métier par ces pratiques, et celui des donneurs d’ordre, qui souhaitent surtout réduire le temps de mise sur le marché de leurs produits. L’article est vraiment intéressant, et cela vaut la peine de le lire quand on craint que la traduction collaborative ne soit la principale menace en matière de traduction (bien supérieure selon moi à la traduction automatique).

Et c’est aussi très intéressant de confronter ce papier à une autre nouvelle récente, publiée sur le blog de l’Atelier (Le web social s’attelle à la réduction des coûts de traduction). La société japonaise Anydoor a mis en place une plate-forme collaborative Conyacc auto-promue « world first social translation service ». Il s’agit de poster des demandes de traduction à plusieurs traducteurs « volontaires » (tout un chacun étant libre de s’inscrire dans cette catégorie d’utilisateurs). Les traductions proposées font l’objet d’un vote par le « client », et la « meilleure » remporte la mise, exprimée en points Conyacc, chaque point valant 0,007 euros… Les autres ne sont pas payées.

Voilà exactement le type de plate-forme collaborative de traduction dont tous les professionnels redoutent la généralisation ! Un système qui méconnaît complètement le processus de traduction lui-même, et encourage le travail bénévole et la production de textes médiocres à usage professionnel.

Trois traducteurs professionnels freelance témoignent

Dans le cadre d’un cours que j’ai donné à l’Université d’Evry Val d’Essonne, j’ai présenté les témoignages de plusieurs traducteurs indépendants sur leur métier. Trois traducteurs, trois visions du métier, plus ou moins positives, plus ou moins enthousiastes. Ce cours (« Devenir traducteur indépendant ») étant destiné à des étudiants de Master en Traduction spécialisée sur le point de s’installer en freelance, j’avais synthétisé ces témoignages. Je livre ici les versions « brutes de décoffrage » : accrochez-vous !

John Antony, traducteur FR-EN, 23 ans de métier.
En « freelance », on est effectivement un travailleur indépendant. Comme dans toutes situations, on peut identifier des avantages et des inconvénients.

Les avantages qui me viennent à l’esprit :

  • On travaille chez soi, selon les horaires que l’on choisit
  • On est libre d’accepter ou non un travail
  • On n’est pas soumis à une hiérarchie autre que celle qui régit une relation « client-fournisseur », qui est différente de celle qui régit les relations « supérieur-subalterne »,

MAIS, il faut bien parler des inconvénients… :

  • Toute traduction est pour avant-hier…
  • Nous travaillons essentiellement avec des agences, et toutes ne sont pas aussi bien « établies » … financièrement,
  • Le travail va et vient, si bien qu’il est difficile de planifier à l’avance : c’est tout ou rien,
  • Il n’y a guère de week-ends, jours fériés, etc… On peut difficilement refuser des travaux de manière répétitive, parce que l’on se retrouve … sans travail !
  • Il existe une concurrence féroce de la part d’agences – en particulier dans le sud-est asiatique – qui pratiquent des tarifs absurdes et font souvent du très mauvais travail qui fait du tort à nous tous (comme on dit en France, « …tous les mécaniciens sont des escrocs, sauf 99,5% d’entre eux… !!! »…

Mes recommandations :

  • Savoir définir – et se tenir à ses compétences : personne ne sait « tout »…,
  • Respecter les délais scrupuleusement,
  • S’assurer que le lecteur de la traduction va comprendre de quoi il s’agit, même s’il faut parfois préciser que l’on n’a pas trouvé la traduction exacte d’un terme, d’une expression, …,
  • Ne pas hésiter à questionner le client si on a un doute sérieux,
  • Laisser « reposer » une traduction pendant quelques heures (si l’on peut) avant de la revoir et de corriger éventuellement des détails,
  • Le client n’a pas toujours raison…
  • Pour un nouveau client, demander les coordonnées bancaires et faire vérifier par son propre banquier la fiabilité du client : c’est une des rares opérations qui ne coûte rien ( ! ), et même s’il ne vous donnera aucun détail, il vous dira « allez-y » ou « faites attention »…

Patrick Thibaut, traducteur EN-FR, 20 ans de métier.
Ce qui me plait dans ce métier. Je pourrais décrire ce qui me plaisait naguère dans ce job, mais je ne suis pas sûr du tout que ça me plaise encore ! J’assiste depuis quelques années à une paupérisation croissante du métier de traducteur, avec une chute des prix de 30 à 40 % et son corollaire, une indifférence grandissante des clients, y compris de nombreuses agences, pour la qualité. On pourrait même parler de prolétarisation, puisqu’avec différentes « innovations » comme les TM en ligne sur le site du client (voir Idiom), nous ne posséderons bientôt même plus nos outils de travail. Je suis retombé récemment sur l’étude annuelle de la SFT pour l’année 1999. On gagnait bien mieux sa vie à l’époque.

Pourquoi je pense que ça vaut la peine de le faire aujourd’hui. A mes yeux, et pour l’instant en tout cas, ce métier est moribond. Si je conseillais à un petit jeune de faire ce métier, j’aurais l’impression d’être le gars qui en 1900 conseillait de devenir cocher de fiacre. Ou épépineuse de groseilles (si, si, ça existait !)

La qualité principale pour s’y trouver bien. Je vais encore faire preuve de cynisme : la qualité principale *pour le faire bien* serait le goût du travail bien fait, de la qualité et de la bonne expression. Mais la qualité principale *pour s’y trouver bien* serait d’accepter d’être taillable et corvéable à merci, d’être prêt à bientôt gagner moins qu’un employé d’administration tout en travaillant deux fois plus, avec  ici encore un corollaire : se foutre de la qualité finale en se retranchant derrière le « you get what you pay for »…

/Mon conseil aux débutants.
a) Lire, lire, lire. Dans toutes les langues qu’il pratique, dans sa langue « source » bien entendu, mais aussi et surtout dans sa langue « cible » maternelle. Quand je fais de la correction, je suis souvent  effaré par des fautes  de syntaxe, voire de grammaire, sous la plume de « professionnels » du langage. Emplois plus qu’hasardeux du subjonctif, pauvreté du vocabulaire. Je ne dis pas qu’on devrait écrire comme Flaubert, mais je vois venir le jour où certains pondront des « traductions » dans le style SMS.
Et quant à la partie traduction, je ne parle pas des approximations, des erreurs tellement grossières qu’on se demande comment quelqu’un a pu taper ça sans sourciller. Comment croyez-vous que la plupart des débutants traduisent « You may want to… » ?  Vous pensez qu’ils vont perdre du temps à se demander s’il n’y aurait pas une expression plus adaptée en français ?
Si je m’étais mis ces dernières années à faire un florilège des plus belles inepties que j’ai vu passer, j’aurais de quoi vous alimenter un cours entier sur ce qu’il ne faut pas faire.

b) Apprendre la méditation transcendantale et avoir un métier/gagne-pain complémentaire au cas où… Ou un(e) petit(e) ami(e) pour assurer les lendemains qui chantent.
Comme vous le voyez, je ne suis pas d’un fol optimisme pour l’avenir, et je crois que j’aurais déjà changé de métier si j’avais trouvé autre chose. Ou de pays : quand les salaires sont au niveau du tiers-monde, il ne reste plus qu’à se réfugier dans le tiers-monde ! Une des deux alternatives viendra peut-être.

Renata Cikanaité, traductrice FR-LI, 7 ans de métier.
Cette vidéo a été supprimée à la demande de l’intéressée.

Traduction de sous-titres de films : une professionnelle témoigne

Très intéressant témoignage de Catherine Terrettaz, interrogée sur les métiers du doublage et du sous-titrage. Ou comment traduire… sans traduire !

Les contraintes techniques du sous-titrage interdisent les textes trop longs, et forcent par conséquent à se centrer sur le message essentiel en éliminant tous les détails, un aspect très bien expliqué par cette professionnelle québecoise vivant en Suisse. Son parcours professionnel est d’ailleurs tout aussi passionnant, puisqu’elle vient du théâtre. Bref, ce témoignage, recueilli par Mathieur Loewer, est à lire sur le site du Courrier.