Traduction professionnelle : SDL présente les tendances du futur

SDL organise un événement à Paris le 27 mai à l’ambassade de Grande Bretagne, de 9h00 à 13h00.

Ce séminaire d’une journée, réservé aux professionnels de la traduction, et avant tout aux agences, présentera les nouvelles façons de travailler qui se feront jour dans les cinq prochaines années. SDL présentera les nouvelles tendances, appelées à révolutionner la création, la traduction et la gestion de contenu. Bien entendu, les logiciels de l’éditeur seront présentés dans le détail, ainsi que les meilleures pratiques.

N’hésitez pas à vous inscrire.

Traduction professionnelle chez Babylon

Nous vous l’annoncions ici en mars dernier, l’éditeur de logiciels de glossaires en ligne Babylon s’est lancé dans la traduction humaine.

Le service Babylon Human Translations semble entièrement automatisé, excepté pour ce qui est de la traduction, réalisée par des traducteurs professionnels. Pour en bénéficier, le client doit acheter un package prépayé de 50, 250, ou 1000 mots, un peu comme sur MisterBabel.

Ensuite, il saisit le texte dans une boîte de dialogue affichée à l’écran, ou poste un fichier en précisant langue source et langue cible. Le tout est acheminé au traducteur idoine, et le client est livré dès la traduction réalisée. Entre-temps, il peut suivre l’avancée de son projet grâce à l’interface du site Web. Le mot est vendu au client 0,13 $ et acheté au traducteur à 0,08 $, soit une marge inférieure à 40%, un ratio assez faible dans notre métier (voir les FAQ). Babylon compte évidemment sur le volume pour couvrir ses frais d’investissement et se rémunérer.

Un modèle idéal ? Cela ressemble beaucoup au service proposé par Live Translation, une société anglaise partenaire de Microsoft, qui limite sa proposition aux traductions inférieures à 500 mots. Précisément le créneau exploité par les outils de traduction automatique en libre service sur le Web.

Alors, quel intérêt ? Faire prendre conscience au client qu’un traducteur professionnel fera bien mieux et presque aussi vite ? Se rémunérer par la publicité affichée sur les pages Web du service de traduction, comme Reverso et consorts ? A moins qu’il s’agisse surtout d’identifier les interlocuteurs à contacter chez les grands clients pour leur proposer d’autres prestations : licences Babylon ou localisation de volumes élevés.

Le site de traduction de Wordfast partage ses TM

Je parlais il y a quelques mois de l’initiative TAUS, qui crée un marché des mémoires de traduction, et j’appelais de mes voeux un système comparable, mais en Open source, et intégrant les traducteurs au système. Il me semblait que les mieux placés pour se lancer dans un développement de cette nature étaient Franck Bergman (de ]Project Open[) et Yves Champollion (Wordfast), dont l’immense communauté de traducteurs serait un formidable atout.

Je ne savais pas alors qu’un système proche existait déjà chez Wordfast. Il s’agit du projet VLTM (Very Large Translation Memory). Les traducteurs qui travaillent avec Wordfast peuvent exploiter les unités de traduction enregistrées dans une immense TM publique gratuite, qui s’ajoutent ainsi aux unités de traduction déjà enregistrées dans leur(s) propre(s) mémoire(s). Les traductions réalisées ne sont pas enregistrées dans cette TM publique, qui agit uniquement en lecture. Si un segment existe à la fois dans la TM privée du traducteur et dans la TM publique, c’est la traduction du segment privé qui est renvoyé par Wordfast.

Bien entendu, s’ils le souhaitent, les traducteurs peuvent aussi apporter leur contribution en donnant (gratuitement) une ou plusieurs TM qui leur appartiennent pour qu’elles soient ajoutées à la VLTM.

En outre, l’existence d’un serveur de TM sur le site de traduction de Wordfast permet aux traducteurs de travailler en équipe et de partager une TM entre les membres de l’équipe sans que le contenu ne soit visible par les autres équipes. Ces TM d’équipes, privées, peuvent elles aussi utiliser les unités de traduction stockées dans la TM publique. Autrement dit, des traducteurs éloignés, qui travaillent à domicile, peuvent partager leurs unités de traduction en ligne et bénéficier chacun du travail des autres membres de l’équipe projet, et en même temps des travaux d’autres traducteurs, et le tout gratuitement !

Les traducteurs indépendants ont ainsi accès à l’équivalent de Logoport même si Lionbridge ne compte pas parmi leurs clients. Espérons qu’ils utilisent ce système en masse !

Lingo24 traduit vers des langues rares

Notre concurrent Lingo24 annonce dans un communiqué de presse amusant (mais pas exempt de fautes de syntaxe) avoir été chargé de projets de traduction particulièrement difficiles à réaliser, du fait des langues en jeu. Les équipes de Lingo24 ont ainsi été amenées à traduire vers le maori (moins d’un million de locuteurs), le hmong, le wolof et l’inuktitut.

Il est vrai que traduire dans des langues comme celles-ci constitue une véritable prouesse ! Mais cela reste réalisable, alors que l’inverse (traduire à partir de ces langues) est pour ainsi dire infaisable. J’en parlais dans un des plus anciens billets de ce blog : il arrive que traduire soit (presque) impossible. C’est en général le cas lorsque la langue source est beaucoup moins usitée que la langue cible : pour faire simple, il y a moins de Français connaissant le wolof que de Sénégalais connaissant le français. Bref, si vous avez un projet ingérable, n’hésitez pas : appelez Lingo24 😉 !

Anyword publie son nouveau site Web

Une fois n’est pas coutume, ce billet est consacré à Anyword, qui vient de publier son nouveau site de traduction en France, en Espagne et en Grande-Bretagne ! C’est l’aboutissement d’un long développement, qui s’explique par le caractère stratégique du site Web pour le groupe. C’est en effet par ce canal que les agences de traduction Anyword recrutent la plupart de leurs clients. Et le site Web n’est que la partie émergée d’un applicatif propriétaire (qu’on appelle chez nous Anysoft) qui automatise la plupart des opérations de gestion des flux (workflow) et d’administration des ventes (backoffice). L’application et le site Web actuels constituent une plate-forme que le service de traduction Anyword va faire évoluer au cours des mois à venir pour assurer plus d’interactivité entre l’agence, ses clients et ses traducteurs.

Via interprète le français en langue des signes

Un article du site La Voix eco signale une entreprise d’interprétation d’un genre un peu particulier, et qui constitue une très belle initiative : la société Via s’est spécialisée dans l’interprétation en langue des signes. Pénélope Houwenaghel, la fondatrice de Via, explique combien l’isolement auquel sont confrontés les sourds et malentendants les pénalise dans leur vie quotidienne : comment se soigner, assister aux réunions de son employeur, être sûr de comprendre un acte notarié ? Pour toutes ces situations, l’équipe d’interprètes de Via est est indispensable : très mobiles et disponibles tous les jours (même le week-end), les interprètes de Via proposent aussi des services d’interprétation à distance, par la vidéo. Une belle initiative, que l’agence de traduction Anyword se devait de contribuer à faire connaître.

Traduction : les nouveaux Business Models (2)

L'écran d'accueil du service de traduction LingtasticVoilà quelques mois, j’avais été alerté au sujet de l’article de TechCrunch annonçant un nouveau service de traduction en ligne. Les nombreux commentaires véhéments d’un côté, le look chargé du site (voir capture ci-jointe) de l’autre m’avaient rapidement convaincu de l’inanité du projet. Malgré tout, il continuait de me tracasser. Du coup, je suis revenu sur le site, et j’ai lu les FAQ pour les traducteurs et les FAQ pour les clients. Le fonctionnement global du système y est très bien décrit. Au final, mon impression est mitigée.

Voilà quelqu’un (qui ne connaît rien à la traduction) qui décide un jour que le modèle classique des agences de traduction et d’interprétation n’est pas intéressant pour les clients, parce qu’il les oblige à payer des frais d’intermédiation extrêmement élevés, alors que le marché est immense, du fait de la mondialisation. Il en déduit que de nombreux clients sont éliminés du marché parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer le prix demandé pour des besoins simples et courts (conversations de quelques minutes au téléphone, traduction de SMS ou d’e-mail). Or, sans doute pourraient-ils payer le prix que les agences rémunèrent les traducteurs (le prix plus 20%, en fait). Et les projets de traduction commandés ne nécessitent peut-être pas tous de faire appel à un traducteur professionnel ; dans certains cas, il suffirait d’employer quelqu’un avec une bonne connaissance d’une langue étrangère.

Ajoutez ce qu’il faut de technologie pour automatiser les échanges et un process spécifique de validation des candidatures de traducteurs, et vous avez, à vrai dire, un service assez tentant, dans lequel on vous échange un paiement d’avance (le client doit alimenter un compte Paypal, qu’il débite ensuite au coup par coup) contre des prix bas et un niveau de qualité prédéfini par le client lui-même. Honnêtement, en tant que client, je serais sans doute intéressé. Car, en fin de compte, la question que pose ce service c’est : à quoi servent les agences de traduction comme Anyword ? Ne sont-elles que des courtiers ? Quel service apportent-elles à leurs clients ? Doivent-elles se réinventer ? Moi qui en ai créé plusieurs, je serais intéressé de recevoir quelques réponses…

Quand la traduction gratuite reste humaine

Tout en rédigeant « La traduction gratuite de masse a-t-elle un avenir ? », j’avais en tête un site dont je ne parvenais pas à me souvenir du nom, et qui a largement inspiré l’article. C’est cet oubli (je « l’avais sur le bout de la langue ») qui m’a poussé à en citer plusieurs autres. Et, ça y est, je l’ai retrouvé : c’est cucumis, bien sûr, qui est un site de traduction collaborative gratuite en ligne de très bon niveau.

La règle consiste à traduire des textes postés par d’autres pour gagner des points… qui permettent de « payer » les traductions que l’on souhaite demander à d’autres de réaliser gratuitement. Et… ça marche très bien ! Un système de révision est même intégré, qui permet de s’assurer que la traduction est d’un bon niveau. Je ne suis pas certain que, si elle avait été sollicitée, une communauté comme celle-ci aurait accepté de traduire l’interface utilisateur de Facebook gratuitement. Mais je suis sûr que Facebook a beaucoup perdu à ne pas consulter une communauté de ce type avant de se lancer dans son projet de traduction « massivement collaborative ».

En tous les cas, cette traduction gratuite-là est humaine, pas automatique (on en reparlera bientôt ici). Preuve, s’il en fallait, que les traducteurs professionnels indépendants sont parfois désintéressés ;-D …

Le portail d’aide à la traduction de Microsoft est en ligne

Le Portail linguistique de MicrosoftEn me promenant sur About Translation, dont j’ai déjà indiqué qu’il s’agissait d’un excellent Blog consacré à la traduction, j’ai trouvé un billet assez ancien (il date quand même de mars dernier…) qui annonce la mise en ligne du nouveau Portail linguistique de Microsoft. Les traducteurs qui s’étaient habitués à travailler avec l’ancien portail MSDN et les glossaires sous forme d’énormes fichiers CSV vont enfin pouvoir respirer. Le nouveau portail est tout frais tout beau, très facile à utiliser, et plein d’infos et d’outils intéressants. Un blog consacré à la terminologie explique tout le processus de l’équipe linguisitque interne pour choisir les traductions à utiliser pour tel ou tel terme. Les internautes sont encouragés à faire connaître leurs commentaires sur les choix terminologiques. Chacun peut, via un forum dédié, participer à la définition de la terminologie des produits (car  » À certaines occasions, Microsoft a été informé du fait que la terminologie utilisée dans nos produits pouvait être différente de celle utilisée par nos communautés d’utilisateurs. »). Le téléchargement des Guides de styles est aisé, et bien entendu, la base de glossaires est en ligne, et permet de réaliser des recherches concernant l’interface de tous les produits Microsoft. Tout traducteur devrait se faire un devoir de visiter ce site, ne serait-ce que pour lire les Guides de styles, qui ont toujours été remarquablement réalisés.