Google ajoute la traduction automatique à GMail

Un article de PC World, daté du 26 mars dernier, annonçait pour le 1er avril l’intégration à la messagerie électronique GMail de la fonction de traduction automatique Google Translate. Il se basait sur l’annonce selon laquelle Google présenterait une nouvelle fonctionnalité excitante le 1er avril lors d’un événement de relations publiques à Bruxelles. Dix jours après, il semble bien que l’interface de GMail, disponible en 52 langues, ne propose toujours pas de fonction « Traduction » lorsqu’on rédige un message, ou qu’on en reçoit un. Il n’empêche que c’est certainement dans les tuyaux…

Non, le 1er avril, Google s’est contenté d’annoncer StreetView en Belgique, de recevoir l’autorisation définitive des services de Bruxelles pour racheter DoubleClick, et d’ajouter des annonces en forme de poisson d’avril à sa longue collection : par exemple, le lancement de Google Paper, ou celui de Google Romance. Business as usual

Le Monde utilise Google Translate pour traduire son site Web

Le Monde traduit du Roumain à l’aide de Google Translate ? La version en ligne du Monde, LeMonde.fr, serait en fait rédigée en Roumanie, par des salariés d’une filiale, puis traduits en français.

Cette réorganisation, déjà ancienne, ne suffit pas à améliorer les comptes du quotidien en ligne. Il aurait donc été décidé de confier désormais les traductions roumain-français à l’outil de traduction automatique de Google. Consternant.

Quand aura-t-on droit aux articles du Monde traduits par Google ? La réponse est, heureusement « jamais »*, car il s’agissait d’un poisson d’avril, publié sur LeMonde.fr !

Un indice ? Pensez-vous vraiment qu’un quotidien de référence consacrerait un article à expliquer qu’il utilise Google Translate ?

*(ou du moins « pas tout de suite »)

Nouveaux blogs et sites de traduction dans la blogoliste

Les lecteurs attentifs de l’Observatoire de la traduction n’auront pas manqué de le remarquer : j’ai ajouté de très nombreux liens à la blogoliste, en bas et à droite de l’écran. Au fur et à mesure que je navigue parmi les sites et les blogs dédiés à la traduction professionnelle pour alimenter ce blog-ci, je découvre des sources d’informations passionnantes.

Il peut s’agit de forums, comme Berberber, de sites de dictionnaires en ligne, comme Médiadico, de références comme le Translation Journal’s blog ou, plus souvent, de blogs de traducteurs, comme Blogging Translator, Transtextuel, ou  Translate This!.

Bien entendu, un grand nombre de ces adresses sont bien connues des professionnels, et elles ne seront pas forcément une découverte pour chacun de vous. Reste que j’espère utile de tenter de les regrouper ici… même si l’exhaustivité en la matière est impossible. surtout, n’hésitez pas à me faire connaître d’autres adresses : j’aurai plaisir à les ajouter.

Traduction automatique : un article de vulgarisation scientifique fait le point

N’hésitez pas à lire l’article de vulgarisation sur la traduction automatique (intitulé La traduction automatique, on n’y arrivera jamais ?) publié par le site Interstices. Quoique bref, il fait le point synthétique sur les défauts, les enjeux, les espoirs des outils de traduction automatique. Bien qu’il soit parfois un peu elliptique, l’article est bourré d’informations et constitue une excellente introduction au sujet.

Au-delà du sujet de la traduction automatique, le site Interstices s’intéresse à tout ce qui fait la science. Conçu et alimenté par des chercheurs de l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique), du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), de l’ASTI (Association Française des Sciences et Technologies de l’Information) et des Universités françaises, le site Interstices, qui existe depuis 2004, a pour but de faire connaître la variété des recherches dans le domaine des sciences et technologies de l’information et de la communication. Il rassemble les principaux acteurs de la recherche française dans ce domaine.

Pour cacher votre ignorance, ne faites pas appel aux traducteurs professionnels !

Rue89 publie une intéressante discussion sur un sujet clef : « Comment cacher au bureau qu’on ne parle pas anglais ». Après avoir lu l’article et, surtout, les commentaires, on comprend beaucoup mieux pourquoi la plupart des cadres rechignent à faire appel à des traducteurs professionnels (comme à des agences de traduction d’ailleurs). A lire, donc.

La traduction compliquée des expressions présidentielles modernes

À lire, ce billet de Christine Kerdellant, de l’Express, sur les affres que vivent les journalistes lorsqu’ils doivent traduire pour leurs lecteurs des expressions (très) familières employées par ceux qui nous gouvernent.

Ainsi du désormais fameux « I screwed up » jeté par Barack Obama, dont il existe presqu’autant de versions françaises (« j’ai merdé », « j’ai foiré », « je me suis planté », « j’ai cafouillé »…)  que de journaux de presse écrite. Et de faire le parallèle avec la traduction anglaise du non moins fameux « casse toi, pauvre con ! » prononcé par notre Obama à nous : là encore coexistent plusieurs versions. Chaque traduction proposée appartient à un registre de langue différent.

La raison de ces divergences ? L’étendue du vocabulaire prêté au lectorat du journal où est publiée la traduction. Une autre façon de dire que les lecteurs du Figaro ou du Monde sont supposés utiliser un langage plus châtié que ceux de France Soir ou du Parisien. D’accord, d’accord… Mais, est-ce toujours aussi vrai de nos jours, alors que le Chef de l’Etat s’autorise s’autorise de tels écarts de langage qu’on a du mal à en rendre toute la saveur ?

« Est-ce que Google nous rend idiots ? » : Traduction du texte de Nicolas Carr

« A mesure que nous nous servons des ordinateurs comme intermédiaires de notre compréhension du monde, c’est notre propre intelligence qui devient semblable à l’intelligence artificielle. » Ainsi se termine un excellent article de Nicolas Carr intitulé « Est-ce que Google nous rend idiot ? », publié par The Atlantic en juin 2008, et traduit sur le Framablog, puis repris sur Internetactu, où je l’ai trouvé.

Nicolas Carr s’intéresse aux conséquence de l’utilisation intensive des outils Internet (et, en premier lieu de Google) sur l’organisation de notre cerveau et notre façon de penser, en partant de la constatation que nous ne lisons plus de la même façon. Le sujet est intéressant, l’article très approfondi (et, volontairement, long), et le tout bien rédigé. Bref, c’est à lire même si, je le concède volontiers, ça n’a pas grand chose à voir avec la traduction de textes…

Les crédits alloués à la traduction littéraire divisés par 5

Le quotidien Libération annonce dans cet article une diminution de 80% des crédits alloués par le gouvernement pour le soutien à la traduction d’ouvrages français, qui passent cette année de 250 000 € à moins de 50 000 €. La traduction n’est pas la seule activité touchée par ces restrictions budgétaires, loin s’en faut. Mais quand on connaît le rôle majeur des aides dans la traduction littéraire (voir le billet sur les revenus des traducteurs littéraires en Europe), on a de quoi avoir le blues…

Le multilinguisme progresse en Europe

Le Journal du Développement durable publie un entretien avec Léonard Orban, Commissaire Européen en charge du Multilinguisme, qui fait le point sur les actions de promotion de l’usage de plusieurs langues dans tous les pays de l’Union. On y apprend notamment que 40% des jeunes Européens de 15 à 25 ans pratiquent deux langues étrangères, en plus de leur langue natale, contre 28% de la population prise dans son ensemble. De nouvelles recrues pour la traduction ?

La traduction fauteuse de troubles entre Israël et les Nations Unies

Un billet du site RFI retraçait le 13 janvier dernier l’historique des relations entre l’État d’Israël et l’ONU, l’organisme supranational auquel il doit l’existence. On apprend beaucoup de choses dans le papier, bien informé, de Toufik Benaichouche. Et notamment qu’une bonne part des conflits entre l’ONU et Israël (qui n’applique pas ses résolutions) au sujet des Territoires occupés seraient dus à une subtilité de langue mal rendue par la traduction française de la résolution 242.

En anglais, la résolution exige le retrait « from territories » (« de » territoires, c’est-à-dire pas nécessairement de « tous »), quand la traduction officielle française dit « des » territoires. Une différence loin d’être anecdotique puisque l’État d’Israël continue de s’appuyer sur la rédaction, longuement négociée à l’époque, de ce texte pour faire valoir qu’il ne s’applique pas à l’intégralité des territoires.

La question reste posée : dans ce cas, traduire, c’était trahir ?