Marché de la traduction : le site Common Sense Advisory mesure la crise

Common Sense Advisory mène depuis plusieurs années une enquête trimestrielle sur la santé du secteur de la traduction, appelé Global Confidence Survey. Très simple, le questionnaire ne prend que quelques instants à remplir : on indique si la santé de l’entreprise était bonne le dernier trimestre, si l’on prévoit une amélioration ou une dégradation pour le trimestre à venir, et la source des principaux problèmes rencontrés (est-ce un manque de demande, un manque de liquidités, etc.). Au final, il s’agit de mesurer le volume de la demande pour les trois derniers mois, le volume prévu pour les trois mois à venir, la situation actuelle des affaires, la situation financière actuelle la prévision de l’activité à 6 mois, l’emploi sur les trois mois passés et sur les trois mois à venir.

Les intervenants interrogés sont aussi bien des fournisseurs (des agence de traduction, comme Anyword), des clients, ou des professionnels indépendants. Même si vous ne pouvez plus participer à l’enquête de ce trimestre-ci (la collecte de données se terminait le 10 avril), vous pouvez demander à être sollicité pour la prochaine en envoyant un message à don @ commonsenseadvisory.com (ou en vous inscrivant sur le site de Common Sense Advisory, qui vaut le détour).

Pourquoi participer ? Parce que cela vous donne accès aux résultats du précédent questionnaire, et à l’analyse qu’en fait Common Sense Advisory. Et, bien que ce ne soit pas réjouissant en ce moment, c’est très informatif. La dernière livraison, qui dépuille les questionnaires du dernier trimestre 2008, compare ainsi les prévisions des acheteurs et des vendeurs de traduction sur toute l’année 2008 : du second trimestre par rapport au premier, du troisième par rapport au deuxième, et du quatrième par rapport au troisième. De trimestre en trimestre, et de question en question, le déclin est patent. Autrement dit, la crise est sensible aussi dans le monde de la traduction en général, et pas seulement chez tel ou tel acteur, dans tel ou tel pays. Le savoir et le mesurer peut permettre à chacun de redéfinir sa stratégie personnelle en ces temps troublés.

Le Localization World se tient à Berlin début juin

La nouvelle conférence de The Localization World se tiendra à Berlin du 8 au 10 juin 2009 et réunira de nombreux acteurs et témoins du marché.

Quatre grands thèmes sont au programme : Global Business Best Practices, Managing Global Websites, Localization Core Competencies et Advanced Localization Management. Chaque jour, quatre interventions nourriront chacun de ces thèmes, qui auront été introduits le lundi 8 juin par la journée de « pré-conférence ».

Les intervenants sont tous des acteurs majeurs de la localisation, comme Renato Beninatto (Common Sense Advisory), Melissa Biggs (Sun Microsystems), Kathleen Bostick (Lionbridge), Daniel Goldschmidt (LocFlow Tech), Ghassan Haddad (Facebook), Iris Orriss (Microsoft), Lori Thicke (Lexcelera-Eurotexte) ou Jaap van der Meer (TAUS).

Les inscriptions ont lieu à cette adresse. Décidez-vous vite : une remise de 10% est accordée en cas d’enregistrement avant le 27 avril !

Wordfast fait la promotion de Wordfast Pro auprès des agences de traduction

Wordfast a lancé récemment une campagne de communication auprès des agence de traduction afin de mettre en avant la nouvelle version de son logiciel à Mémoire de traduction, désormais dénommé Wordfast Pro.

Les principaux points forts mis en avant par Wordfast sont les suivants :

  1. Environnement d’édition indépendant exécutable sous Windows, Linux et Macintosh
  2. Interface utilisateur personnalisable et facile à prendre en main
  3. Analyse et nettoyage extrêmement rapide de plusieurs centaines de fichiers
  4. Prise en charge étendue des formats de fichiers, y compris les DOC, PPT, XLS, HTML, XML, ASP, JSP, et INX, d’autres filtres étant en préparation
  5. Prise en charge améliorée de la collaboration en temps réel grâce à la gestion de serveurs de Mémoires de traduction
  6. Liaison à plusieurs Mémoires et glossaires simultanément
  7. Plus de 15 000 traducteurs indépendants déjà utilisateurs des versions précédentes de Wordfast
  8. Compatibilité avec la plupart des autres logiciels commerciaux à Mémoire de traduction
  9. Un prix beaucoup plus bas que les outils concurrents : 300 €

Je n’avais pas été convaincu par la préversion de Wordfast Studio qui était en circulation à la fin de l’année dernière. Cela dit, il est probable que de nombreuses améliorations ont été apportées à la version définitive, que je n’ai pas encore testée. Et Wordfast Classic reste un outil exceptionnel pour les traducteurs professionnels, qui est toujours disponible.

Vous pouvez télécharger la brochure commerciale, la version de démonstration (entièrement fonctionnelle, avec des TM limitées à 500 unités de traduction), ou acheter Wordfast.

Systran 7, le moteur de traduction automatique hybride à mémoire de traduction

L’actualité du moment est à la traduction automatique. Après avoir annoncé de lourdes pertes il y a quelque temps, Systran lance officiellement la version 7 de Systran Enterprise Server, qui sera disponible à la mi-avril.

Comme nous l’annoncions déjà voilà plusieurs mois, cette version est basée sur un nouveau moteur de traduction automatique, qui mêle la technologie basée sur des règles et la technologie statistique, qui fait le bonheur de Google Translate. Mieux encore, la technologie statistique incorporée exploite les textes de l’entreprise cliente pour déterminer la traduction la plus pertinente. Peut-être est-ce lié à l’accord passé avec Multicorpora, le nouveau système exploite donc clairement une Mémoire de traduction dans l’optique d’améliorer en permanence les résultats du moteur de traduction automatique.

Cette approche nouvelle, qui harmonise trois technologies éprouvées, semble avoir de l’avenir, puisque c’est aussi celle que privilégierait Google s’il lançait dans Google Translation Center. Il sera passionnant d’en mesurer les effets : sur le plan purement théorique, il est probable que le résultat soit bien meilleur qu’aujourd’hui, au moins lorsqu’on dispose d’un important corpus de textes spécialisés.

Le Président de Systran laissait entendre en juillet dernier qu’il ajouterait à ce mashup, déjà ambitieux, une fonction de traduction collaborative. L’idée était sans doute de permettre aux utilisateurs de voter pour la traduction qui leur semble la plus juste, et de raffiner encore les résultats du système dans son ensemble. Les communiqués parus jusqu’ici (sur Boursier.com ou CFO News, par exemple) ne mentionnent pas cet aspect. Peut-être la fonction a-t-elle disparu ? Ou bien, elle n’est pas pas destinée à la version Enterprise.

Babylon lance un service en ligne de traduction humaine

Cela fait un petit moment que je n’ai rien publié sur ce blog, et, mauvaise conscience aidant, j’ai repris ma veille ces jours-ci pour identifier les nouvelles les plus intéressantes au sujet du monde la traduction. Plusieurs d’entre elles alimenteront mes billets à venir, mais je ne saurais faire l’impasse sur le lancement d’un nouveau service Web de traduction par Babylon.

C’est Riccardo Schiaffino qui l’annonce sur son excellent blog About Translation. Il a été sollicité par Babylon pour remplir le formulaire d’inscription à leur base de données de traducteurs.

Prévu pour le mois de mai, ce service Web de traduction humaine est destiné à compléter l’outil de traduction gratuite en ligne et les dictionnaires en ligne de Babylon. Il est possible qu’il soit rendu accessible par l’intermédiaire du site LingoZ, vers lequel Babylon dirige les volontaires pour constituer de manière collaborative « le plus grand dictionnaire du monde » en huit langues.

Je n’ai pas trouvé d’autre mention du lancement de ce nouveau service, qui semble s’inspirer du futur Google Translation Center, tout en s’en démarquant : au contraire de Google, qui a prévu d’ouvrir son service à tout un chacun, Babylon recrute des traducteurs professionnels. J’y vois le début d’un mouvement inéluctable de désintermédiation des échanges entre traducteurs professionnels et entreprises clientes. Mouvement que je prédis depuis longtemps, qui éliminera sans doute de nombreuses agences de traduction du marché, et que la récession globale encouragera sans doute.

Traduction automatique : pertes très élevées pour Systran en 2008

Systran, l’éditeur d’un des logiciels de traduction automatique les plus connus, a annoncé ses résultats définitifs pour 2008, qui affichent une perte consolidée de 7,11 M€, soit l’équivalent de son chiffre d’affaires (7,65 M€) ! L’éditeur disposant d’importants fonds propres, ses jours ne sont pas en danger immédiat, mais il sort affaibli de son dernier exercice, et mise tout sur la prochaine version 7 de sa gamme d’applications.

Les crédits alloués à la traduction littéraire divisés par 5

Le quotidien Libération annonce dans cet article une diminution de 80% des crédits alloués par le gouvernement pour le soutien à la traduction d’ouvrages français, qui passent cette année de 250 000 € à moins de 50 000 €. La traduction n’est pas la seule activité touchée par ces restrictions budgétaires, loin s’en faut. Mais quand on connaît le rôle majeur des aides dans la traduction littéraire (voir le billet sur les revenus des traducteurs littéraires en Europe), on a de quoi avoir le blues…

Systran et Multicorpora préparent un outil de traduction automatique intelligent

Systran et MultiCorpora annoncent qu’ils mettent en commun leurs technologies pour intégrer le moteur de traduction automatique de l’un à MultiTrans, le logiciel à mémoire de traduction de l’autre. L’objectif avoué est de concilier qualité de traduction et capacités à traiter des volumes élevés. Le projet, qui semble pour le moment limité à la version client-serveur de MultiTrans, ressemble à ce que propose déjà SDL Trados dans sa dernière version.

Toutefois, l’annonce est à mettre en liaison avec un précédent communiqué de presse de Systran. En juillet dernier, l’éditeur de logiciels de traduction automatique annonçait en effet que la version en cours de développement intègrerait plusieurs approches pour accroître la pertinence de ses suggestions (nous en parlions ici).

C’est ce futur moteur de traduction, dont les résultats ont toutes les chances d’être grandement améliorés par rapport à aujourd’hui, qu’il s’agit sans doute d’intégrer à MultiCorpora. Et ça change tout quant à ce qu’on peut en espérer. Ajoutez à l’ensemble des dictionnaires « maison » et vous avez effectivement toutes les chances d’obtenir des traductions de très bon niveau. Si les traducteurs professionnels indépendants pouvaient bénéficier d’outils de traduction aussi avancés, nul doute que la productivité du métier ferait des bonds de géant, et que nous serions tous mieux placés pour concilier qualité professionnelle humaine et productivité industrielle machine.

Confiez vos traductions professionnelles à des traducteurs professionnels !

Difficile de rester sans réaction face aux résultats de l’enquête réalisée fin décembre 2008 par l’IFOP pour le compte de Systran sur l’état du multilinguisme en entreprise (malheureusement plus en ligne). Ses résultats sont d’ailleurs repris partout, du JDN à Les Echos.

On y apprend que seuls 4% des cadres ont la possibilité de faire appel à un « interprète » extérieur pour traduire leurs documents, contre 63% qui sont amenés à le traduire « eux-mêmes ». Comme l’enquête porte essentiellement sur la traduction du français vers l’anglais, on en déduit que les deux-tiers des cadres en entreprise se pensent capables de traduction vers une langue étrangère. Est-ce que ce sont les mêmes 60% qui considèrent que le niveau de maîtrise des langues étrangères est mauvais dans leur entreprise ? Il y a pourtant aussi 60% des cadres qui se considèrent comme mal à l’aise lorsqu’ils sont confrontés en entreprise à une langue étrangère !

Bref, cette enquête, fort intéressante au demeurant, confirme une nouvelle fois la très forte méconnaissance de la fonction « traduction » au sein des entreprises françaises, qui sont pourtant nos clientes. On y assimile sans vergogne traduction professionnelle, traduction automatique, version, thème, traduction d’e-mails ou de documents… (37% des personnes interrogées sont amenées à rédiger des documentation en langue étrangère).

Je sais que ça fait un peu « coup de gueule »*, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que ce sont les mêmes répondants qui contestent, souvent avec violence, le bien-fondé de telle ou telle tournure, choisie par un traducteur professionnel de langue maternelle anglaise ayant 15 ans d’expérience, au motif que c’est « mot-à-mot » ou que « ça sent la traduction automatique ». Je crois que je préfèrerais, de loin, que les Français reconnaissent une bonne fois qu’ils sont nuls en anglais, et… ne cherchent pas à s’améliorer !

*Vous pouvez en lire un autre sur le blog de Trad’Online.

PS: Bien sûr, vous aurez reconnu l’illustration, extraite de la campagne publicitaire menée par l’organisme Telelangue.

L’Observatoire de la traduction : les chiffres 2008

Suivant l’exemple du blog Another Word, je me suis penché sur les statistiques de lecture de L’Observatoire de la traduction. Avec environ 2 000 visites mensuelles en moyenne et un peu plus de 3 000 lecteurs uniques dont près de 1 500 sont fidèles, les deux audiences sont comparables, ce qui n’est pas surprenant puisque nous avons sans doute de nombreux lecteurs en commun.

J’ai découvert, avec une grande surprise, que L’Observatoire de la traduction avait été consulté à partir de 102 pays différents, dont certains très éloignés comme le Laos, le Bénin ou le Népal ! Même si le sujet se prête bien à des recherches internationales, s’imaginer être lu par un traducteur installé en Thaïlande ou en Polynésie française reste une expérience dépaysante et m’incite, à l’avenir, à surveiller d’un oeil plus attentif l’actualité internationale des sites de traduction.

Les pays à partir desquels ce blog est consulté sont (dans l’ordre décroissant de lecteurs) : France, Belgique, Canada, Espagne, Royaume Uni, Italie, États Unis, Maroc, Allemagne, Suisse, Algérie, Tunisie, Hong-Kong, Liban, Pays Bas, Portugal, Roumanie, Brésil, Luxembourg, Côte d’Ivoire, Pologne, Israël, Ukraine, Japon, Colombie, République Tchèque, Chine, Autriche, Argentine, Égypte, Australie, Danemark, Inde, Mexique, Sénégal, Cameroun, Russie, Burkina Faso, Croatie, Hongrie, Grèce, Réunion, Perou, Burundi, Kenya, Suède, Uruguay, Irlande, Vietnam, Finlande, Nouvelle Zélande, Norvège, Martinique, Iran, Vénézuela, Lituanie, Ile Maurice, Moldavie, Guinée française, Thaïlande, Slovaquie, Congo – Kinshasa, Indonésie, Bulgarie, Arabie Saoudite, Salvador, Turquie, Rwanda, Afrique du Sud, Albanie, Monaco, Koweit, Chili, Corée du Sud, Philippines, Guinée, Jordanie, Kazakhstan, Laos, Qatar, Slovénie, Kyrgyzstan, Libye, Irak, Montenegro, Benin, Latvia, Wallis et Futuna, Nouvelle Calédonie, Émirats Arabes Unis, République Dominicaine, Bolivie, Bahrain, Azerbaidjan, Ghana, Malte, Guadeloupe, Népal, Polynésie Française, Andorre, Arménie.

Poursuivant mon enquête statistique, j’ai aussi regardé les sujets les plus lus. Voici Le Top Ten :

  1. Le site de traduction de Microsoft comparé à Google et PROMT (29 octobre)
  2. Relations entre agences de traduction et traducteurs indépendants: Trad’Online mène l’enquête (15 décembre)
  3. Le site de traduction de Wordfast partage ses TM (21 octobre)
  4. Traduction de sites Web : Google propose son gadget (20 octobre)
  5. Un traducteur automatique pratique et simple (17 décembre)
  6. Traduction littéraire : un état du marché (22 octobre)
  7. Traducteurs débutants : des infos pour pénétrer le marché de l’emploi (12 décembre)
  8. Un dictionnaire de traduction dans votre navigateur (31 octobre)
  9. Agences de traduction et traducteurs : Wordfast 6.0 est là ! (18 novembre)
  10. Un nouveau site de traduction qui parle : Speaking of Translation (3 novembre)

Je déduis de cette hot list que les sujets qui préoccupent le plus le lectorat de l’Observatoire sont les outils de traduction (et en particulier la traduction automatique) et l’état du marché. C’est d’ailleurs confirmé par les requêtes sur les catégories d’articles : les trois principales sont le marché de la traduction, les outils de traduction, les traducteurs. En fait, je ne serais pas surpris d’apprendre qu’au moins 80% des lecteurs sont traducteurs indépendants, et que peu d’agences ou de clients lisent ce blog. Difficile à dire sans enquêter de manière formelle, évidemment, mais je serais intéressé par vos réponses à ce sujet.

En tous les cas, ces chiffres sont un encouragement à poursuivre la veille du marché de la traduction, et à l’élargir à d’autres sources d’information. Là encore, si vous avez connaissance de tel ou tel site de traduction intéressant, n’hésitez pas à m’en faire part. je me ferai un plaisir de l’ajouter à ma liste de fils RSS, et à rendre compte de son actualité. Il me reste à souhaiter que vous soyez toujours plus nombreux à lire L’Observatoire de la traduction en 2009, et à le faire vivre. Bonne lecture !