Google veut rendre le Web polyglotte avec la traduction automatique des sites

Google a développé pour les entreprises un programme que le grand public a toutes les chances de retrouver en ligne d’ici peu de temps. Il s’agit, pour une requête donnée, d’afficher les résultats dans la langue de l’internaute, quelle que soit la langue d’origine du document indexé.

Aujourd’hui, si je fais une recherche sur « agence de traduction » dans Google, j’obtiens en retour 2 780 000 résultats renvoyés par www.google.fr. Mais, si je tapais « translation agency », j’en obtiendrais 3 530 000 renvoyés par www.google.co.uk et www.google.com. Il ne s’agit évidemment pas des mêmes sites et documents, certains étant situés en France, d’autres au Royaume Uni et aux États-Unis. Le projet consiste en fait à renvoyer les résultats, en français, pour « agence de traduction » comme si j’avais tapé la requête dans chacune des 35 langues du moteur de traduction de Google. Car, bien évidemment, la traduction « à la volée » des résultats serait assurée par Google Translate.

Je ne suis pas sûr qu’il faille se réjouir de la disponibilité d’une telle fonction. Sans même évoquer la question de la qualité de la traduction automatique assurée par Google (il y aurait pourtant beaucoup à dire), je crains que l’usage principal du Web ne soit en fait local, et pas du tout mondial. Les internautes qui tapent « agence de traduction » cherchent pour la plupart à contacter une agence dans leur pays (et même souvent dans leur région ou leur ville). Ceux qui tapent « cadeaux de Noël » ou « vêtements en soldes » ou « voitures d’occasion » (des requêtes beaucoup plus fréquentes que « agence de traduction ») sont aussi à a recherche d’un service ou d’un produit local. Que leur apporteront des résultats en provenance des États-Unis ou d’Asie ?

Mon autre préoccupation est liée au référencement des sites Web renvoyés en résultat : quelles règles s’appliqueront pour le classement des sites ? Les sites cités en premier seront-ils ceux considérés comme les plus proches de l’internaute ? Ou bien s’agira-t-il de ceux les plus fréquentés ? Dans ce cas, les zones géographiques comportant le plus d’internautes seraient privilégiées et, loin de devenir multilingue, le Web diffuserait encore plus la culture américaine.

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guillaume.debrebisson@anyword.fr'

A propos Guillaume

Je dirige l'agence de traduction Anyword, que j'ai créée fin 2004. Avant cette date, j'avais créé, développé et, malheureusement, fermé une autre agence de traduction, appelée encouv. Je travaille donc dans le secteur de la traduction et de la localisation depuis 1993. Auparavant, j'étais journaliste, spécialisé dans le domaine informatique. Ce blog est en quelque sorte un moyen de renouer, modestement, avec l'écriture, et de me contraindre à une veille du secteur dans lequel j'évolue depuis maintenant plus de 15 ans.

2 réflexions au sujet de « Google veut rendre le Web polyglotte avec la traduction automatique des sites »

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