La traduction fait échouer l’accord de paix entre Russes et Géorgiens

Savez-vous pourquoi l’armée russe reste positionnée en Géorgie malgré la signature, voilà un mois, d’un plan de paix prévoyant son retrait ? Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, donne la réponse : « un problème de traduction » serait à la source d’interprétation différentes du plan de paix entre les gouvernements russe, géorgien et français. Le texte signé par les Russes serait ainsi légèrement différent de celui signé par les Français, et il prévoirait des mesures destinées à assurer la sécurité de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, alors que le document original prévoyait que ces mesures assurent la sécurité en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Et il faut reconnaître que tout le problème est là : sécurité dedans (sans chars russes) ou dehors (avec chars russes dedans) ?

La petite histoire retiendra quand même que les erreurs de traduction incriminées avaient été découvertes peu après la signature du plan de paix, et que le président de la République française Nicolas Sarkozy en a fait part à ses homologues dans un courrier apportant les précisions voulues. Autrement dit, si les chars sont restés, ce n’est pas uniquement à cause du traducteur. Ouf ! La profession a eu chaud. Et, rétrospectivement, on se sent soulagé : en fin de compte, le monde semble bien paisible, quand on pense à tous ces traducteurs qui l’occupent, non ? À moins que tout ça ne soit le résultat d’une action de manipulation des Français par les services secrets d’une autre puissance ? Après tout, comme le décrit John Le Carré dans son dernier ouvrage, les espions aussi ont besoin de traducteurs !
Voir à ce sujet le billet de Global WatchTower et l’article paru dans Le Monde.

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A propos Guillaume

Je dirige l'agence de traduction Anyword, que j'ai créée fin 2004. Avant cette date, j'avais créé, développé et, malheureusement, fermé une autre agence de traduction, appelée encouv. Je travaille donc dans le secteur de la traduction et de la localisation depuis 1993. Auparavant, j'étais journaliste, spécialisé dans le domaine informatique. Ce blog est en quelque sorte un moyen de renouer, modestement, avec l'écriture, et de me contraindre à une veille du secteur dans lequel j'évolue depuis maintenant plus de 15 ans.

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